Vendredi dernier, BitGrail a inséré sur son site un bref communiqué expliquant que 17 millions de la monnaie numérique Nano avaient disparu. Des transactions frauduleuses auraient eu lieu, mais BitGrail ne précise pas quand. Quasiment immédiatement après, toutes les transactions via la plate-forme ont été suspendues, et le cours unitaire de Nano a reculé de 9,77 à 8 euros.

La nouvelle du piratage a été accueillie avec pas mal de scepticisme. Plus tôt en janvier, BitGrail avait interrompu toutes les transactions liées à Nano (à l'époque encore appelé 'Raiblocks') et avait aussi décidé de fermer les comptes de tous les utilisateurs en dehors de l'UE. Divers utilisateurs craignent ce qu'on appelle un "exit scam" (une arnaque) de la part du fondateur de BitGrail, Francesco Firano. Le timing du piratage succédant de si près aux autres controverses est en effet suspect aux yeux de beaucoup.

L'équipe derrière Nano renvoie aussi la faute à BitGrail. Dans un message posté sur un blog, elle affirme que Firano les a trompés, eux et la crypto-communauté, et que le problème est dû au software de BitGrail. Dans son message, l'équipe partage aussi son journal de chat complet avec Firano à propos du piratage. Il en ressort que ce dernier aurait proposé d'adapter le grand livre en vue de couvrir les pertes. Firano dément ces accusations. Son argument est le suivant: si le problème se situait chez BitGrail, toutes les monnaies auraient été volées et pas uniquement Nano.

Sur Twitter, Firano a déjà annoncé que BitGrail ne remboursera en aucune manière ce qui a été dérobé.