Voilà ce qu'a déclaré Jim Xu, vp Huawei Consumer Business Group, à un groupe de journalistes en visite au siège de l'entreprise à Shenzhen en Chine. "Nous souhaitons le lancer très vite également au niveau mondial", a-t-il aussitôt ajouté.

L'assistant avait été introduit fin 2017 lors du salon IFA de Berlin et est entre-temps utilisé en Chine. Le reste du monde devrait suivre. L'assistant intelligent devra cependant affronter la concurrence de Siri, Alexa, Google et Bixby de Samsung, mais Huawei n'éprouve aucune crainte à cet égard. "Au CES, Google Assistant fut le grand gagnant cette année, mais l'année dernière, c'était Alexa", a expliqué Baofen Zhang, vp Software Engineering au sein de la division à la consommation. "Notre atout, c'est l'appareil. Nous offrons une meilleure expérience au niveau de la confidentialité." Voilà un argument plutôt étrange pour une entreprise qui est accusée d'espionnage par les autorités américaines, mais Zhang évoque ici plutôt le fait que l'AI (intelligence artificielle) tourne quasi exclusivement sur l'appareil et que les données des utilisateurs ne sont donc pas envoyées dans le nuage. "C'est l'appareil de l'utilisateur, et nous avons implémenté aussi diverses couches pour nous assurer que les données de ce dernier restent sur l'appareil en question. L'AI tourne donc sur l'appareil et pas dans le nuage, comme c'est le cas pour Alexa. C'est un système indépendant. Les données ne sont donc pas transférées dans le nuage pour y être traitées." Il est question en d'autres mots d''edge computing'. Huawei ne dément pas vouloir utiliser les données des utilisateurs pour améliorer son AI, mais insiste sur le fait que toutes les données d'identification sont effacées, avant que l'appareil ne les envoie dans le nuage.

Il y a de fortes chances que l'assistant aboutisse par exemple sur le P20 qui sera lancé fin mars, mais Walter Ji, président de l'Huawei Western Europ Consumer Business Group, voit encore plus grand: "Nous voulons améliorer l'expérience d'utilisation. C'est possible d'une part avec l'AI pour smartphone, mais d'autre part, il y a aussi les 'home devices', les appareils domestiques intelligents. Plus tard cette année, nous lancerons quelques appareils domestiques AI conjointement avec nos partenaires." Il est déjà certain que l'un d'eux sera une espèce d'haut-parleur intelligent.

Huawei avait en son temps déjà sorti un assistant AI, Emy, mais le logiciel fut bien vite remplacé par Google Assistant.