"Nous allons effectuer un changement majeur dans la façon dont Facebook fonctionne", écrit son fondateur Mark Zuckerberg. "J'ai demandé à nos équipes de production d'étendre le focus: au lieu de vous aider à trouver un contenu pertinent, nous vous aiderons à atteindre des interactions sociales plus sensées."

Zuckerberg se plaint du fait que le visionnement de vidéos, la lecture de nouvelles ou la visualisation d'une mise à jour de page sont des occupations trop passives. Il veut y mettre fin: "Les premiers changements concerneront le flux de nouvelles, où l'on trouvera davantage de messages d'amis, de membres de la famille et de groupes."

Les vidéos ou articles d'actualité de firmes de médias seront moins souvent présentes, à moins que des amis n'y réagissent. Le contenu public encore visible devra être du genre à "inciter à l'interaction humaine". Les pages sponsorisées continueront elles d'être visibles: rien ne changera donc sur ce plan.

Sera-ce mieux pour l'état d'esprit?

Facebook a plutôt défrayé négativement la chronique suite à une enquête démontrant qu'un défilement continuel à travers le flux de nouvelles sur Facebook peut être asservissant et mauvais pour le bien-être mental. Mais selon Zuckerberg, l'enquête montre aussi que le média social peut nous rendre heureux ou nous sentir moins seuls, ne serait-ce que si nous n'utilisons la plate-forme que "pour nouer des contacts avec les gens que nous aimons."

Ces résultats, conjointement avec le feedback de la communauté, Zuckerberg les utilise à présent comme un argument justifiant les changements destiné à veiller à ce que les utilisateurs recourent à sa plate-forme de manière plus active.

Zuckerberg s'attend à ce que les gens passent ainsi moins de temps sur sa plate-forme, mais que cela profitera à plus long terme tant aux utilisateurs qu'à son entreprise. "Je m'attends à ce que le temps que vous passerez sur Facebook, soit plus précieux pour vous", écrit le CEO, qui sait aussi qu'un utilisateur actif qui génère beaucoup de données en peu de temps, s'avère plus intéressant pour les annonceurs que quelqu'un qui passe beaucoup de temps à défiler passivement dans son flux de nouvelles.

L'année dernière déjà, Facebook avait testé quelques changements, afin de réagir au feedbac, selon lequel les utilisateurs voulaient voir davantage de messages de leur famille et de leurs amis. C'est ainsi que la firme avait en octobre lancé dans certains pays un flux de nouvelles scindé, dans lequel les messages des amis et ceux de pages professionnelles étaient séparés. Cela avait eu aussitôt des effets importants pour les pages non-sponsorisées: certaines avaient vu leur portée diminuer de deux tiers.