Suis-je pour le wifi dans le train? Oui! Bénéficier d'une connexion à haut débit sûre et impeccable durant tout le trajet, me paraît excellent. Une demi-heure de retard? Cela me permettra d'avancer encore dans mon travail ou de regarder d'autres épisodes de ma série favorite.

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Le wifi dans le train n'est pas la panacée universelle

Assez de cette utopie d'un monde où les trains seraient à l'heure, les files et les trous budgétaires disparaîtraient et la Bande de Nivelles serait enfin démasquée.

Investissement élevé, chance de réussite mince

Tout commence par l'investissement qui n'est pas piqué des vers. Il faut par wagon 1 à 3 récepteurs: des routeurs qui convertissent le signal 4G en un réseau wifi. Voilà qui exige un solide investissement en hardware, mais aussi en software, afin de gérer ce réseau, et encore en un contrat télécom avec au moins un opérateur. Ajoutez-y les coûts de maintenance et de sécurité car quand le wifi est présent, il faut aussi de la stabilité et de la sécurité.

Tout cela pour une mince chance de réussite. Si wifi il y a, il faut qu'il fonctionne de manière impeccable, qu'il offre une largeur de bande suffisante et qu'il soit gratuit. Si la vitesse ou la stabilité sont aussi modérées que le signal 4G des voyageurs, c'en est fini de la plus-value. Le risque est grand que pour le wifi, la SNCB doive consentir un méga-investissement qui ne va pas améliorer vos déplacements, mais vous donnera plutôt l'impression qu'elle jette l'agent par les fenêtres.

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Le risque est grand que pour le wifi, la SNCB doive consentir un méga-investissement qui ne va pas améliorer vos déplacements, mais vous donnera plutôt l'impression qu'elle jette l'agent par les fenêtres.

Quiconque aspire d'ailleurs à disposer du wifi pour surfer avec son ordinateur portable, peut avec son smartphone recourir à une borne mobile. Actuellement, vous pouvez même indiquer dans Windows 10 que vous êtes en 'metered connection', afin qu'aucune update lourde ne soit téléchargée entre-temps.

'Mais à l'étranger...'

L'herbe y est toujours plus verte, et le wifi davantage présent. C'est du moins ce qui se dit car la réalité est moins rose. Aux Pays-Bas, la vitesse du wifi, lequel est loin d'être présent dans tous les trains, est passée de 300 Kb/s à 450 Kb/s. Un beau geste certes, mais rien de terrible quand même. Pas de problème pour rapatrier vos mails ou aller sur Facebook, mais vous pouvez oublier une diffusion fluide de YouTube ou Netflix.

Le wifi dans les trains néerlandais n'est rien de plus que de la 4G transformée en wifi. L'internet dans le train n'est donc pas supérieur ou meilleur que ce que vous obtenez vous-même de votre opérateur. A ce moment, on peut se poser de sérieuses questions sur la plus-value de pareil investissement.

Le wifi dans le train n'est pas la panacée universelle

© P.G.

Thalys propose également depuis des années déjà le wifi dans ses trains. Du moins c'est ce que je lis sur les portières des trains à grande vitesse car dans la pratique et après une vingtaine de déplacements ces dernières années, je ne me souviens que de trois moments où le wifi fonctionnait vraiment. Il s'agit ici (tenez-vous bien!) de 40 méga-octets à 512 Kbps, puis à 256 Kbps.

Dans les trams et autobus, c'est possible

C'est juste: un grand nombre d'autobus et de trams de De Lijn sont équipés du wifi. Mais ici non plus, ce n'est pas illimité ou sensiblement plus rapide que votre propre pack data. De plus, le trajet de nombreux bus et trams s'effectue en ville ou le long de routes importantes, où le réseau est excellent.

Un train se caractérise en outre par une vitesse nettement plus élevée et doit donc plus souvent changer de pylône d'antennes et passer dans des zones sans couverture 3G, voire 2G.

Investir dans la numérisation

Le wifi dans le train? Volontiers. Mais la réalité, c'est que l'argent dépensé pour un tel projet à haut risque pourrait être mieux consacré à des choses nettement plus intéressantes pour le voyageur.

La ponctualité et une meilleure offre de déplacements sont bien plus importantes, ainsi que les services numériques du reste.

L'appli et le site web doivent être année après année améliorés et étoffés. Il est certes pratique de pouvoir acheter un ticket avec l'appli, mais si l'on sélectionne par mégarde une date fautive, il n'est ensuite plus possible d'annuler ledit ticket et encore moins de recevoir une facture par la voie numérique.

Poursuivez le trajet numérique sur les panneaux d'information dans les trains ou via les annonces pop-up dans l'appli. Si la liaison non-stop entre Gand et Bruxelles accuse chaque jour dix minutes de retard, le problème doit être résolu dans le mois et pas lors de la prochaine réunion trimestrielle.

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Mais la principale alternative au wifi réside dans une bonne collaboration avec Proximus, Orange et Base.

Ce n'est pas simple, mais c'est possible. Si je vois comment la SNCB fournit aujourd'hui un excellent service via son compte Twitter, je suis très confiant pour l'avenir.

Collaborez avec les opérateurs

Mais la principale alternative au wifi réside dans une bonne collaboration avec Proximus, Orange et Base. Pas avec un acteur, mais avec tous. Il y a de toute façon de l'amélioration en vue, mais n'attendez pas 2020. Aspirez donc à une capacité suffisante sur les lignes denses, mais aussi à une couverture des 'trous noirs', afin que les voyageurs puissent quand même avoir l'opportunité de surfer.

Si le réseau mobile autour des voies est suffisamment puissant, il n'y a pas besoin de wifi. Permettons surtout à la SNCB d'améliorer ses activités et aux opérateurs de desservir leurs clients là où ils passent une heure ou deux chaque jour. Si tout le monde y met du sien, on y arrivera, c'est sûr!