Swarm Technologies est la startup de Sara Spangelo, une ex-collaboratrice de Google et de la NASA. L'entreprise produit les plus petits satellites à communication bilatérale au monde, appelés SpaceBees. Avec ses satellites, elle souhaitait tester dans l'espace un réseau de type 'Internet des objets'.

Demande refusée

Le 12 janvier, quatre satellites ont été envoyés dans l'espace à bord d'une fusée 'Polar Satellite Launch Vehicle' (PSLV) indienne. Cette dernière est conçue pour lancer d'un seul coup et de manière économique un grand nombre de satellites. Cette fois, la fusée en embarquait 31.

La Federal Communications Commission (FCC) américaine vient à présent d'annoncer que Swarm Technologies ne disposait pas de la licence requise pour lancer ses satellites dans l'espace. En fait, l'entreprise a bien demandé une autorisation aux autorités américaines, mais elle lui a été refusée un mois avant le lancement. Voilà ce que confirme un courrier d'Anthony Serafini, responsable du département d'octroi des licences à la FCC.

'Collision de satellites'

La raison du refus réside dans la taille des satellites, selon la FCC. CubeSat est le parfait exemple d'un 'nano-satellite' de forme cubique bien connu. Il fait 10 centimètres de côté et pèse 1,33 kilo. Les SpaceBees seraient encore plus petits, ce qui fait qu'ils seraient à peine contrôlables.

Partager

"Aucune organisation aux Etats-Unis n'a une vue d'ensemble concrète des activités exactes qui se déroulent en orbite autour de la Terre. Le seul contrôle se fait sur base des licences qui sont attribuées en amont."

Ces dernières décennies, le 'trafic' de satellites autour de la Terre a fortement augmenté. Le Space Surveillance Network (SNN) veille à ce que les satellites tournant en orbite autour de notre planète ne se heurtent pas. Il se fait que les satellites de Swarm Technologies ont été jugés trop petits que pour pouvoir garantir la sécurité.

Lorsque la startup fut informée du refus, elle introduisit aussitôt une contre-proposition en mentionnant que les réflecteurs des radars feraient en sorte que les SpaceBees soient plus facilement localisables. Mais la FCC réagit en déclarant que la mission serait temporairement gelée, parce qu'elle souhaitait effectuer des examens plus approfondis.

Mise devant le fait accompli

Swarm Technologies a entre-temps encore planifié un lancement de quatre satellites au départ de la Nouvelle-Zélande, mais la FCC a déjà expliqué à la station d'infos CNBC qu'elle l'interdisait. Le régulateur entend d'abord vérifier plus en détail l'impact des satellites lancés sans autorisation. "Nous sommes conscients de la situation et nous n'accordons pas d'autorisation, alors que nous sommes en train d'examiner le cas", peut-on lire dans un communiqué de la FCC.

Mais la FCC est à présent mise devant le fait accompli car rien n'est prévu pour ce genre de situation. L'organisation n'endosse en effet que la responsabilité d'attribuer des licences, afin que les satellites puissent être mis en liaison avec le spectre radio.

Pas de contrôle sur les satellites

"Aucune organisation aux Etats-Unis n'a une vue d'ensemble concrète des activités exactes qui se déroulent en orbite autour de la Terre", explique l'expert aéronautique Brian Weeden à The Verge. "Le seul contrôle se fait sur base des licences qui sont attribuées en amont."

Reste à savoir si les opérations de Swarm Technologies auront une suite et comment. Provisoirement, on ne sait pas pourquoi l'entreprise a ignoré le refus de la FCC.