C'est l'entreprise de sécurité mobile allemande Mobilsicher qui a découvert cette pratique et estime que trente pour cent des applis environ tournant sur Android intègrent ce genre de connexion. Dès que l'appli est démarrée, une connexion est établie avec Facebook, et l'appli continue de transférer des informations sur son utilisation.

Autrement dit, Facebook sait combien de fois vous mettez un pied de côté et quand et pendant combien de temps vous chattez sur Grindr et Tinder, mais aussi dans quelle mesure vous exploitez des applis que les musulmans utilisent pour prier, ou les catholiques pour lire la Bible. Même l'appli de grossesse Pregancy+ transfère ce genre d'info.

Facebook confirme à Mobilsicher qu'elle utilise les données de ces applis pour proposer des publicités ciblées.

Outils gratuits en échange de données

L'entreprise allemande sait aussi pourquoi tant de développeurs ont incorporé la fonction à leurs applis. Facebook leur propose en effet en échange un outil d'analytique gratuit sous la forme d'un 'software developer kit' (SDK). Ce kit permet aux créateurs d'applis de visionner leur appli: la manière dont elle est utilisée, ce qui est saisi, ce qui intéresse les utilisateurs, toutes des choses qui permettent aux développeurs d'améliorer par la suite l'expérience d'utilisation de leurs applis.

L'entreprise de sécurité a également sondé quelques développeurs pour connaître leur avis. Ces derniers ont réagi en disant que les infos que leur appli envoie à Facebook, restent anonymes. Ce n'est en grande partie pas correct. Les données sont en effet associées à votre ID publicitaire unique, à savoir votre profil sur lequel la plate-forme se base pour vous présenter des publicités personnalisées.