Le procès en question a été intenté par un certain Jonathan Langley. Cet homme accuse l'entreprise de pousser systématiquement ses employés âgés vers la sortie. L'affaire n'est pas simple dans la mesure où IBM refuse de transmettre les documents demandés au tribunal.

Langley avait rejoint IBM en 1993 et y travailla jusqu'en 2017, date à laquelle il fut licencié. Il affirme qu'IBM a enfreint les règles américaines en matière de discrimination à l'âge avec une campagne en vue de rajeunir son personnel. Il indique notamment qu'il a reçu de nombreuses félicitations pour la qualité de son travail, à tel point d'ailleurs que l'entreprise lui a attribué une prime de 20.000 dollars deux mois encore avant son licenciement. Selon Langley, il dut uniquement s'en aller, parce qu'il venait d'avoir soixante ans.

Ce n'est pas la première fois qu'IBM est accusée de vouloir pratiquer une cure de jouvence pas vraiment éthique. En 2017 déjà, elle avait été accusée de discrimination à l'âge par un ex-employé. Là encore, l'entreprise refusa de fournir les documents demandés. D'autres procès sont aussi en cours dans plusieurs états américains. Depuis quelques années, l'entreprise utiliserait une stratégie, par laquelle ce sont surtout les travailleurs plus âgés qui sont licenciés. Entre 2014 et 2018, elle se serait ainsi débarrassée de 20.000 personnes de plus de 40 ans. Cela correspondrait à 60 pour cent des licenciements, selon Propublica. L'entreprise elle-même ne publie plus depuis 2014 l'âge des employés licenciés et affirme qu'elle n'en tient pas compte.

Des documents internes que Langley a transmis au tribunal, semblent à présent suggérer le contraire. Ces documents, qui ont été rendus publics sur le site web du tribunal fédéral, mais rapidement mis sous scellés à la demande d'IBM, évoquent en effet une culture de jouvence du personnel. Voilà ce qu'écrit le site technologique The Register, qui a pu visionner lesdits documents.

L'entreprise souhaiterait ainsi louer les services de 'jeunes professionnels', pour 'corriger le mix de seniors'. De plus, l'entreprise prendrait des mesures en vue d'être moins attractive pour les employés plus âgés, notamment une stratégie par laquelle moins de personnes seraient autorisées à travailler à domicile, alors que des membres du personnel seraient tenus de venir au bureau dans plusieurs grandes villes. L'idée sous-jacente, c'est que les personnes plus jeunes sont plus rapidement enclines à déménager dans une ville comme San Francisco que quelqu'un qui a déjà une famille et une maison.