Selon le journal italien La Stampa, un fonctionnaire du département américain des affaires étrangères était hier en visite à la Commission européenne, puis au gouvernement belge. Cette dernière visite a du resté été confirmée à notre rédaction par le cabinet du ministre des télécommunications De Backer. Il s'agirait surtout d'une rencontre avec l'administration belge.

La réunion portait sur la cyber-sécurité, sur le rôle des entreprises chinoises et sur la 5G. Il y aura bientôt aussi une rencontre avec l'ambassadeur américain à Bruxelles à ce propos.

Pour le ministre De Backer, il est beaucoup trop tôt pour prendre une décision. "Nous sommes encore activement occupés à nous informer et à discuter avec d'autres gouvernements en Europe", précise le porte-parole de De Backer. Le ministre lui-même est d'avis qu'il convient d'adopter un point de vue européen sur le bannissement ou non de ZTE et d'Huawei.

La croisade menée par les Etats-Unis n'est pas une surprise. En novembre déjà, on apprenait que l'Oncle Sam attirerait l'attention de ses alliés sur les dangers que représentent les deux fabricants télécoms chinois. Pour les Américains, ceux-ci représentent un risque de cyber-espionnage par les autorités chinoises. Les Etats-Unis n'ont cependant jamais produit la moindre preuve formelle de ce qu'ils avancent. De plus, ces accusations ont toujours été rejetées avec force tant par ZTE et Huawei que par le gouvernement chinois.

Bannissement en Italie (UPDATE)

L'Italie a entre-temps choisi* de bannir les deux acteurs chinois. Selon La Stampa, même les contrats en cours seront suspendus.

Le journal se base ici sur des sources proches des ministres italiens de la défense et des affaires étrangères. Elles prétendent de manière non officielle pour l'instant que le pays va rejeter les deux acteurs télécoms chinois sous la pression des Etats-Unis, qui tentent actuellement de convaincre leurs alliés dans le monde.

Ce qui est étonnant ici, c'est que l'Italie a aussi l'intention de rompre des contrats déjà conclus. Le pays recourt pour ce faire à ce qu'on appelle la 'golden power', une clause ou mesure par laquelle un gouvernement peut résilier des contrats, sans devoir payer d'amendes, puisqu'il est question d'un cas critique. Cinq projets-pilotes 5G sont actuellement en cours en Italie. Deux d'entre eux ont été conclus avec Huawei et un troisième avec ZTE.

*Update 11/02/2019

L'Italie a entre-temps formellement démenti qu'elle aurait banni Huawei. "Nous n'avons pas l'intention de prendre ce genre de mesure", y déclare-t-on à l'agence Reuters. Dans un communiqué, on indique en outre que le pays n'a trouvé aucune preuve que cette entreprise constituerait une menace pour la sécurité nationale.